Chroniques

Back with « Le fil d’argent » de Rebecca Greenberg

IL EST DE RETOUUUUUR !!! Hello mes poulettes ! Eh oui, I’m back après la pause improvisée pendant laquelle j’ai vécu des aventures de fouuu sa race, vous n’imaginez pas !!! Je vous raconterai.

Aujourd’hui, je dois la refaire, celle-ci parce que ce putain de bon bouquin s’est insufflé du sang nouveau et est désormais disponible en librairie. Il en a fait du chemin. À livre remanié, chronique remaniée.

Qui a dit qu’il fallait lire Proust pour côtoyer la « grande littérature » ? Moi, mais ça ne compte pas.

Le fil d’argent fait suivre, d’un côté, le quotidien de Thomas Gordon, plongé dans le coma suite à un accident de circulation puis « revenu » miraculeusement à la vie, désormais doté d’étranges capacités. Et de l’autre, le périple de jeunes résistants, juifs en particulier, pendant l’Occupation allemande dans les années 40. Vu ainsi, n’importe quel paltoquet dirait bof. Moi le premier, en digne représentant de la Paltoquie (quelques kilomètres au dessus de Krypton). Après tout, il y a eu plus de récits sur la seconde guerre mondiale que Frédéric Soulier n’aura jamais de poils de ***. Et ça, les gens, C’EST PAS PEAU DE ZÉBI (j’adore dire ça). Que pourrait apporter ce livre et comment ? Je vais vous dire. Déjà, ici, la dame ne nous livre pas un 1312 ème récit sur le fruit de l’homme à moustache. Et même en tant que tel, vous remarquez qu’il tire son épingle du sweepstake auquel s’adonne moult de ces pantouflards historico-gnangnan.

Un roman historique pourvu d’un côté surnaturel qui s’apparente plus à une introspection – rien à voir avec vos manitous guindés cuculprapra -, à une quête existentielle qui vous mènera au delà des frontières spatio-temporelles qu’à un récit fantastique.

Dès les premières lignes, à peine les premiers mots posés, vous serez émoustillés par cette plume incisive et pétillante qui plante illico le décor et vous place au débotté, sans effort, au coeur d’une histoire que vous ne lâcherez même pas pour libérer vos gonades ou vos *ché pas quoi* pour les autres mammifères.

Bouleversante. C’est ainsi que je qualifie non seulement la plume, mais aussi la richesse et la puissance narrative de l’auteure. Elle a cette facilité à vous transporter d’une époque à l’autre de façon subtile et émouvante, même pour moi ; cette capacité à vous immerger in extenso dans un univers que vous ne soupçonnez pas le moins du monde, dans une ambiance que vous ne connaissez ni d’Ève ni de l’autre con, et vous la faire vivre, la faire graver dans vos boîtes à souvenirs, pile entre votre premier coït et votre premier Gounelle, à travers un récit fringant, fignolé avec la précision du chirurgien esthétique de Eva Longoria, et d’une limpidité qui ferait saigner votre facture chez l’ophtalmo.

Vous suivrez de façon colinéaire deux intrigues concomitantes mais différentes à première vue.

D’un côté, vous serez confronté à ce passé ardu, tumultueux où tout vous sera retranscrit avec précision : l’horreur de la délation et les remords qui y ont fait suite, la réalité de la déportation, et le vaccum engendré. Le chagrin dans le coeur des uns, le mépris dans le regard des autres. Le désespoir des uns, la bravoure des autres. Vous le vivrez comme si votre esprit était détaché de votre enveloppe corporelle, relié par un fil invisible, et projeté des années en arrière pour être grands témoins de ces vicissitudes. Et contrairement à nombre de récits sur le sujet, ce livre ne vous offrira pas un portrait, une copieuse représentation de la barbarie humaine, mais une immersion non seulement dans l’esprit tant des victimes, entre leur craintes et leurs espoirs, que des assaillants pour comprendre leurs motivations et la cruauté qui les définissait, mais aussi dans l’ambiance de l’époque.

Et de l’autre, un présent non moins secouant. Celui d’un Thomas qui a du mal avec son… présent. Un Thomas qui appréhende tout ce qui lui tombe sur la trombine. Après son réveil miraculeux, il se découvre des capacités extra-sensorielles ni vues ni connues. Débute alors une quête existentielle dans laquelle il sera conduit à fureter son passé, lointain et insoupçonné. Notez que rien ne lui est offert sur un plateau. Il va devoir se chercher, apprendre à se connaître lui-même, trouver des réponses à des questions qui en suscitent de nouvelles à chaque réponse et, de fil en aiguille, tisser la toile représentative de son existence. Encore une fois, l’auteure fait montre d’une capacité à trucider le lecteur, à vivifier le récit et à en signer de sa plume authenticité et réalisme. Surprenant quand on sait se trouver dans le domaine du paranormal. Après avoir lu ce livre, vous serez tentés de reconsidérer votre conception même du surnaturel, du conscient/inconscient et de la mort.

Le tout, suivant un cheminement progressif et une construction digne des plus grands. Imaginez un roman écrit par Stephen King en duo avec J. K. Rowling : une intrigue magistralement construite pour un récit angoissant – non Stephen King n’écrit pas des livres « d’horreur » – tout en subtilité. Il y a une tension dramatique tangible dès le début de l’histoire et cette impression ne vous quittera pas une seconde pendant la lecture jusqu’au point final. Le frimas formé dans les toutes premières pages se dissipera progressivement suivant le fil conducteur de l’intrigue pour aboutir à une résolution plus qu’effective. Et au final, vous ne pourrez qu’admirer le travail minutieux, toutes les énigmes défrichées, le devoir accompli.

Le fil d’argent c’est aussi une narration dynamique et des dialogues qui mettent en relief le caractère des differents personnages, esquissés comme il faut, et dépeignent l’atmosphère qui règne autour d’eux ; une bonne maîtrise linguistique pour ce style qui sonne comme une élégie, une berceuse hypnotisante. Je déclare solennellement avoir été subjugué par la cohérence du récit du côté historique et encore plus du côté surnaturel. Ce n’est pas juste du blabla d’une auteure à l’imagination fertile. Les faits, les démonstrations sont criants d’authenticité. Que des sujets qui me parlent, partant du voyage astral en passant par la seconde guerre mondiale pour atterrir au summum du summum: la magie de la musique.

Je me vois, à votre plus grand regret, dans l’obligation d’écourter cette chronique avant que cela ne devienne une affaire personnelle. Car c’est en lisant ce genre de livres, c’est en découvrant ce genre d’auteurs au talent de fou sa race mais ignoré que se nourrit mon mépris pour les guignols qui écrivent avec leurs doigts de panards. Le fil d’argent est un livre, un vrai, un érudit. Pas un texte gratuit. Moi je vous le dis, vous en entendrez parler dans 30, 40 ans comme d’un grand classique. Parole de sex-symbol.

Coup de chapeau à cette dame. Quand on réalise qu’il s’agit de son premier roman, on ne peut que saluer le génie et lui dire merde pour la suite. Et bravo au Biasotto pour le boulot de chef sur la couverture. Bref, vous l’aurez compris, Le fil d’argent, ce n’est pas que le fameux « coup de cœur » qui choppe la blogueuse 4 fois sur 3, dixit un p’tit con, mais une putain de claque sa mère !

Lecture effectuée en écoutant :

  • Troisième concerto pour violon, Mozart
  • Symphonie héroïque, Beethoven


On se retrouve bientôt, les gens. Sexy boy is back !!!

7 réflexions au sujet de “Back with « Le fil d’argent » de Rebecca Greenberg”

  1. Salut, je découvre ton blog sur cette chronique et je m’abonne sans plus tarder !
    J’aime beaucoup ta façon d’écrire et tes petites touches d’hmour 😉
    Pour parler de ce roman, je l’avais vu circuler un peu et il m’intriguait déjà donc ta chronique ne fait qu’attiser ma curiosité un peu plus. Je note le titre !

    Aimé par 1 personne

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